Les NBT et l’agriculture biologique

Sélection variétale de jeunes plantsLes NBT visent à accélérer l’acquisition de caractéristiques intéressantes pour les cultures (voir « A quoi servent les NBT ? »). Cette notion de vitesse est particulièrement importante pour accompagner l’essor de l’agriculture biologique.

 

Actuellement, la plupart des variétés de plantes utilisées en agriculture biologique sont les mêmes, ou sont proches, des variétés utilisées en agriculture conventionnelle. Ces variétés conventionnelles sont conçues pour être cultivées en association avec des intrants extérieurs (engrais, produits phytosanitaires…). Or, le cahier des charges de l’agriculture bio interdit ou limite l’utilisation d’un certain nombre de ces produits, de sorte que l’apport en matière nutritionnelle peut être plus réduit et l’exposition des plantes cultivées aux maladies et à la concurrence des adventices plus importante.


Dans ces conditions, les variétés utilisées en agriculture biologique nécessitent des caractéristiques plus rustiques (par exemple la capacité à supplanter les adventices), tout en préservant le potentiel agronomique, en comparaison des variétés conventionnelles.

 

Pour y parvenir, le développement de variétés spécifiques à l’agriculture biologique est nécessaire. C’est par exemple le cas du blé tendre Renan, mis au point par l’INRA en 1989 grâce à l’ingénierie génétique (introduction de gènes d’espèces différentes), très prisé pour la confection de pains bio. La création du blé Renan a toutefois nécessité près de quarante ans, et des variétés bio plus performantes (comme les variétés Skerzzo ou Hendrix) ont encore nécessité plus de vingt ans de recherche, et ne sont adaptés qu’au climat du Nord de la France.
Malgré ces avancées, les écarts de rendement à l’hectare et de qualité entre blés bio et blés conventionnels sont encore importants, pouvant atteindre jusqu’à 50%, en défaveur des blés bio. En outre, les parasites, adventices et champignons s’adaptent à ces nouvelles variétés, réduisant progressivement leurs avantages.

 

Confrontée à ces défis, la recherche agronomique s’intéresse aux nouvelles techniques de sélection basée sur le génie génétique pour réduire les cycles de développement de nouvelles variétés bio. En outre, à l’instar de ce qui a été fait avec le blé Renan, l’objectif est de sélectionner des caractéristiques plus rustiques, qui permettront aux variétés de mieux résister par elles-mêmes aux ravageurs, aux maladies et aux adventices, tout en s’épanouissant dans des sols plus pauvres.  

 

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Gil Kressmann 10/05/2017 18:23

L'avenir des cultures bio repose très probablement sur les capacités des NBT à générer de nouvelles variétés pouvant se passer de la chimie.

Christophe Noisette 02/08/2017 13:58

M. Gil Kressman est le chargé de com' de l'AFBV, une association qui défend, promeut les plantes transgéniques, mutées ou... Le dernier édito est typique de l'amalgame que ce site organise. On peut lire : "Depuis 1996, une opposition s’est développée, sans réel dialogue, entre d’une part, les scientifiques et les ingénieurs qui promeuvent les OGM et d’autre part, les écologistes qui les refusent"... En fait, c'est un peu plus compliqué car il y a des scientifiques qui refusent les OGM. Et ceux qui les refusent ne sont pas tous écologique. Il y a de multiples raisons techniques, sociales, économiques, agronomiques de s'opposer aux OGM. Inf'OGM propose des informations contextualisées et précises pour permettre un débat transparent et indépendant.

Christophe Noisette 02/08/2017 13:52

L'agriculture bio n'a pas besoin des NBT. Au contraire, l'agriculture bio s'oppose fermement à ces manipulations génétiques. Elles nécessitent, en amont et en avant, des opérations techniques, des interventions humaines au niveau infra-cellulaire.
Daniel Evain, agriculteur bio en Ile de France, précisait à Inf'OGM : "L’argument que j’entends le plus souvent pour justifier l’intérêt de ces nouveaux OGM est celui de la rapidité de sélection. Or dans les processus de sélection classique qui prennent huit à dix ans, au lieu de trois ou quatre promis par ces nouveaux OGM, chaque cycle de sélection permet d’affiner au mieux l’amélioration de la variété" (entretien complet en ligne : http://www.infogm.org/5958).
Le problème de semences est un vrai problème pour l'agriculture bio. Nous avons consacré un long article à la question de la disponibilité des semences réellement bio. Là aussi, c'est en ligne sur notre site http://www.infogm.org/5679.
Enfin, nous vous invitons à lire un article intitulé "agriculture transgénique et bio : une incompatibilité de fond" : http://www.infogm.org/5540
Cordialement
Christophe Noisette

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