Sélection d’articles – Novembre 2018

Sélection d’articles – Novembre 2018

La décision de la CJUE concernant la réglementation à appliquer aux plantes issues des nouvelles techniques de sélection, prise en juillet 2018, continue de susciter des interrogations sur le devenir de la recherche scientifique en Europe. Et l’embarras dans les milieux politiques.

 

Ainsi, alors que la Commission européenne continue de discuter des implications de la décision avec les États-membres, le Scientific Advice Mechanism, qui s’était déjà prononcé en faveur des NBT en avril 2017, a réitéré son soutien en dressant une analyse des conséquences de la décision de la CJUE et des implications législatives au niveau européen. Il rejoint en cela les propos du directeur de la Direction Recherche et Innovation de la Commission européenne, Barend Verachtert, qui a rappelé les avantages environnementaux et sanitaires à retirer des nouvelles technologies.

 

Au niveau des États, certains prennent d’ores et déjà position en faveur de la recherche. Ainsi, Carola Schouten, la ministre de l’Agriculture néerlandaise, souhaite permettre des expérimentations de variétés issues de CRISPR-Cas et en rendre compte par écrit au parlement européen. En Belgique, les milieux scientifiques, à l’image du biologiste Dirk Inzé, de l’Université de Genk, rappelle qu’une régulation très restrictive de l’édition génomique aurait des conséquences inacceptables pour la recherche, mais également pour le futur alimentaire de l’Europe.

 

En France, cette analyse des questions éthiques et politiques posées par l’édition du génome des végétaux restent au cœur de l’activité de l’INRA. Aussi, et au regard de la décision de la CJUE, l’institut rappelle les principes guidant son activité sur ce sujet, en toute transparence. Notamment, la nécessité de maintenir une capacité d’expertise en accord avec la mission de recherche publique. Ce rappel est complété d’une tribune dans Le Monde, de Jean-Stéphane Joly, directeur de recherche à l’INRA, pour qui l’édition génomique, un des éléments de la transition écologique, doit être au cœur des ambitions scientifiques de l’Europe.

 

Pour finir, et en filigrane de ces interventions, d’autres pays, ailleurs dans le monde, ont déjà fait le choix – et investit en conséquence – dans les NBT. Aux États-Unis, les exemples sont particulièrement éclairants sur les stratégies des acteurs tout en prenant en compte des considérations éthiques. D’autres pays mènent également différents programmes de promotion des NBT, et pas seulement des grands pays exportateurs agricoles comme l’Argentine, le Brésil ou l’Australie. Il y a également des pays cherchant à renforcer leur souveraineté alimentaire, comme la Jordanie ou la République dominicaine.

 

Autant d’enjeux débattus lors du colloque consacré à l’avenir des nouvelles biotechnologies dans le domaine de l’agriculture et de l’alimentation, organisé par l’Académie d’Agriculture de France, fin novembre.

 

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