Allemagne : le Bioeconomy Council en faveur des NBT

Allemagne : le Bioeconomy Council en faveur des NBT

Le verdict de la CJUE sur le statut des variétés obtenues par mutagénèse continue de susciter des réactions hostiles dans les différents pays. Après l’appel de 33 organismes de recherches et entreprises au Royaume-Uni, c’est au tour du Bioeconomy Council allemand de se manifester.

 

Créé en 2009, cet organisme est une initiative conjointe des ministères de l’Agriculture et de l’Éducation et de la Recherche. Il a pour mission de conseiller le gouvernement fédéral allemand, avec l’objectif final d’établir « une bioéconomie intersectorielle fondée sur la connaissance ». Ses 17 membres sont pour la plupart issus de l’enseignement supérieur, en Allemagne et à l’étranger (Universités de Munich, de Leipzig, Copenhague et Graz notamment).

 

Dans un communiqué publié le 17 septembre dernier, ils s’inquiètent des conséquences du verdict de la CJUE, qui, selon eux, risque non seulement d’écarter l’Allemagne de cette « révolution », mais aussi de l’élaboration des réglementations internationales, alors que les États-Unis, le Brésil et le Japon ont déjà pris des dispositions favorables et que l’Australie et la Nouvelle-Zélande s’y préparent.

 

Comme l’explique Joachim von Braun, coprésident du Bioeconomy Council, la bioéconomie peut et doit en effet « apporter une contribution significative aux objectifs du développement durable. L'Allemagne soutient les mesures visant à améliorer l'alimentation mondiale et à promouvoir l'égalité des chances, la protection du climat et la protection de la nature. »

 

Partout dans le monde, nous assistons déjà au développement de nouveaux médicaments, de cultures respectueuses du climat et résilientes, d'aliments sains et de méthodes de production respectueuses de l'environnement grâce à CRISPR et à d'autres instruments similaires

Christine Lang, co-présidente du Bioeconomy Council

C’est dans cette perspective que le Bioeconomy Council suggère plusieurs pistes de réflexion pour modifier la législation et accompagner ce changement :

 

1. Élaborer une législation mieux adaptée aux différentes applications des nouvelles techniques de sélection et leur évaluation des risques : par exemple, la mise en place de procédures d’autorisation et d’approbation graduées en fonction de différentes catégories de risques.

2. Mettre en place un enregistrement officiel et un suivi des bonnes pratiques des applications commerciales et académiques des nouvelles techniques d’édition du génome.

3. Renforcer l’étiquetage volontaire des produits, considérant que le rendre obligatoire n’est pas raisonnable compte-tenu des chaînes d’approvisionnement mondiales.

4. Augmenter le financement public de la recherche pour les applications ayant une grande pertinence sociale.

5. Financer des recherches sur les impacts potentiels sur la biodiversité et les développements sociaux et économiques (éthique, brevets, etc.).

6. Développer de nouvelles formes de dialogue afin de faire émerger un débat social constructif.

7. Intensifier la collaboration internationale afin de garantir une plus grande transparence et une meilleure harmonisation réglementaire.

 

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