États Généraux de l’Alimentation : quelle place pour les NBT ?

Débutés le 20 juillet, les États Généraux de l’Alimentation ont pour objectif de renforcer la filière agroalimentaire française. Alors qu’une consultation de l’ensemble des parties prenantes est prévue au cours des prochains mois, quelle est la place accordée aux New Breeding Techniques (NBT) dans les débats ?

 

Édouard Philippe n'a pas mentionné les NBT et les biotechnologies lors de son discours
Discours du Premier ministre Édouard Philippe pour l'ouverture des États Généraux de l'Alimentation

 

Une promesse de campagne

 

Souhaités par Nicolas Hulot au cours de la dernière campagne présidentielle et promesse du candidat Emmanuel Macron, les États Généraux de l’Alimentation sont placés sous le patronage du ministère de l’Agriculture. Ils s’articulent autour de deux chantiers : un premier consacré à « la création et la répartition de la valeur » (du 20 juillet au 30 septembre), et un second portant sur « une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous » (du 1er septembre au 30 octobre).

 

Les deux phases se divisent en ateliers thématiques (14 au total) réunissant entre 30 et 40 personnes d’horizons divers (agriculteurs, syndicats, interprofessions, administration, recherche, grande distribution, associations, etc.). Leur composition n’est pas encore connue. Chaque atelier, animé par un président, se réunira durant trois journées et sera chargé d’élaborer des recommandations à court ou moyen terme.

 

Les NBT absentes du programme officiel…

 

Ces États généraux représentent une opportunité pour toute la filière, de la graine à l’assiette, d’aborder la question des nouvelles techniques d’amélioration du végétal. Récemment, le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a d’ailleurs souligné la singularité des biotechnologies et la nécessité de « laisser l’Inra et la recherche continuer à avancer » sur ce sujet. Car si ces dernières n’apparaissent pas dans le programme établi, elles peuvent contribuer à aider la filière et répondre aux attentes des Français.

 

Par exemple, le premier atelier vise à « mieux répondre aux attentes des consommateurs en termes de qualité et d’innovation ». Or, des techniques comme la cisgénèse et l’intragénèse ont permis d’obtenir une variété d’orge facilitant la digestion. Un autre atelier a pour but « d’assurer la sécurité sanitaire de l’alimentation dans un contexte de changement climatique ». C’est, par exemple, ce qui a été fait pour le soja dont la résistance à la sécheresse a été renforcée par la technique ZFN.

 

De même, les NBT peuvent être citées dans le cadre de l’atelier 4 « Conquérir de nouvelles parts de marchés sur les marchés européens et internationaux ». Avec Cellectis, la France possède un champion du secteur des biotechnologies vertes, qui a récemment introduit sa filiale Calyxt, spécialisée dans les ciseaux moléculaires TALEN, au NASDAQ. Par ricochet, les biotechnologies végétales ont aussi leur place dans l’atelier 5 « Préparer l’avenir : quels investissements, quel accompagnement technique et quelle recherche ? ». Celui-ci trouve un certain écho dans le projet Genius de l’Inra, qui s’intéresse aux modifications ciblées des gènes sur une gamme de neuf espèces.

 

… et de la consultation publique

 

Parallèlement aux ateliers, et pour permettre la participation du plus grand nombre, le ministère de l’Agriculture a mis en place une consultation publique en ligne. Cependant, seule une poignée de messages évoque les biotechnologies, qui y sont pourtant qualifiées de « voies d’avenir pour une agriculture durable ». À ce titre, l’un des contributeurs met en avant la capacité des NBT à « rendre autonomes des plantes dans leur défense (maladies) en réduisant les pesticides », tandis qu’un autre estime que les biotechs « devraient faire l’objet de beaucoup plus de travaux car elles sont susceptibles d’apporter des progrès considérables à l’agriculture ».

Techniques encore récentes, les NBT ne semblent pas encore identifiées, en dehors de la recherche, comme l’une des voies permettant d’allier performances économiques, environnement et alimentation saine et de qualité. En l’état, les États Généraux risquent donc de se priver d’une réflexion sur une solution d’avenir.

 

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